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Gestion locative10 avril 2026·6 min

État des lieux d'entrée à Abidjan : comment le faire correctement pour éviter les litiges à la sortie

# État des lieux d'entrée à Abidjan : comment le faire correctement pour éviter les litiges à la sortie

Profil cible : Bailleur local · Bailleur primo-entrant

Signal feature : État des lieux · Contrat de bail

Intention : Éducatif / Informatif


Scénario classique. Le locataire quitte l'appartement après deux ans. Tu fais le tour des pièces. Il y a un trou dans le mur du salon, une vitre fêlée dans la chambre, le carrelage de la cuisine est cassé sur 30 centimètres. Tu veux retenir une partie de la caution pour payer les réparations.

Ton locataire répond : "Ce n'est pas moi qui ai fait ça. C'était déjà comme ça quand je suis arrivé."

Et là, tu n'as rien pour le contredire. Aucun document signé. Aucune photo datée. Aucune preuve que ces dégâts n'existaient pas à l'entrée. Le juge - si tu vas jusque-là - donnera raison au locataire par défaut.

Ce scénario se répète des centaines de fois par an à Abidjan, dans tous les quartiers. Cocody, Yopougon, Marcory, Adjamé - aucun n'est épargné. Et dans presque tous les cas, le problème n'est pas la mauvaise foi du locataire. C'est l'absence d'état des lieux d'entrée.


Ce que dit la loi ivoirienne

La loi n° 2018-575 du 13 juin 2018 est explicite : en l'absence d'état des lieux d'entrée contradictoire et signé, le bien est présumé avoir été remis au locataire en bon état. C'est une présomption légale qui joue en faveur du locataire.

Concrètement : sans état des lieux d'entrée, tu ne peux légalement retenir aucun centime sur la caution pour dégradations. Même si l'appartement ressemble à une zone de guerre à la sortie.

La charge de la preuve t'appartient en tant que bailleur. Et sans document d'entrée, tu n'as pas de preuve.


Ce qu'un état des lieux d'entrée doit contenir

La plupart des bailleurs à Abidjan font ce qu'on appelle une "visite de remise des clés" : ils font le tour avec le locataire, notent deux ou trois remarques à la va-vite, et c'est tout. C'est insuffisant sur le plan légal.

Un état des lieux valable doit contenir :

  • Date et identités : date de remise des clés, noms complets des deux parties, adresse précise du bien
  • Relevé des compteurs : eau (SODECI), électricité (CIE), générateur si applicable
  • Description pièce par pièce : pour chaque pièce - murs, plafond, sol, portes, fenêtres, plomberie, électricité, climatiseur - l'état de chaque élément est décrit précisément
  • Liste des équipements : tout ce qui est fourni avec le logement
  • Signatures : chaque page paraphée par les deux parties, dernière page signée en entier

L'arme la plus efficace : les photos datées

Un document texte seul ne suffit pas face à un locataire de mauvaise foi. Les photos sont ton assurance-vie.

La règle : une photo par surface problématique, horodatée par l'appareil ou l'application. Photographie chaque mur, les fissures existantes, l'état du carrelage, les taches d'humidité au plafond, le climatiseur (unité intérieure et extérieure), les serrures. Conserve ces photos avec preuve de date - un email envoyé à toi-même le jour J fonctionne, un stockage cloud avec horodatage aussi.


Ce qu'on peut et ne peut pas retenir sur la caution : usure normale vs dégradation

C'est la distinction la plus mal comprise dans les litiges de fin de bail.

L'usure normale - ce que tu ne peux pas retenir :

  • Peinture légèrement ternie après 2 ou 3 ans d'occupation
  • Légères marques sur les murs à hauteur d'appui
  • Ressorts de porte légèrement usés après plusieurs années

La dégradation - ce que tu peux retenir avec preuve :

  • Trou dans un mur (clou, vis, impact)
  • Carrelage cassé ou fendu
  • Vitre brisée
  • Climatiseur abîmé par mauvaise utilisation (filtres jamais nettoyés, fuite non signalée)
  • Porte arrachée de ses gonds

La frontière n'est pas toujours évidente. En cas de litige, un expert désigné par le tribunal peut être mandaté pour trancher. Mais si tu as des photos de l'entrée et des photos de la sortie, la comparaison est objective. Si tu n'en as pas, c'est ta parole contre celle du locataire.


Les spécificités abidjanaises à documenter impérativement

Quatre points sont critiques à Abidjan en raison du climat et de la qualité de construction du parc locatif :

L'humidité : taches au plafond et sur les murs très fréquentes dans les constructions des années 90-2000, surtout à Yopougon et Marcory. À documenter à l'entrée, sinon impossible à prouver à la sortie.

Le climatiseur : fais-le tourner pendant l'état des lieux, note s'il refroidit correctement. Un climatiseur abîmé coûte 80 000 à 200 000 FCFA à remplacer selon le modèle - c'est un poste de litige fréquent.

Le générateur : si le logement en dispose, note l'état des batteries et si possible l'index horaire. Les disputes sur l'entretien des générateurs reviennent régulièrement en fin de bail.

Les serrures : photographie chaque serrure à l'entrée. Les remplacements de serrures sont souvent réclamés à la sortie - avec ou sans justification réelle.


Quand le locataire refuse de signer l'état des lieux

Certains locataires refusent - parfois parce qu'ils ne veulent pas être liés par un document précis. Dans ce cas, tu dois faire constater ce refus par un commissaire de justice. Le constat d'huissier établit officiellement que tu as proposé l'état des lieux contradictoire et que le locataire a refusé de participer.

Ce constat te protège : en cas de litige ultérieur, tu pourras prouver que le refus vient du locataire, pas de toi.

Règle absolue : ne jamais remettre les clés sans état des lieux documenté.


L'état des lieux de sortie : le miroir de l'entrée

L'état des lieux de sortie fonctionne sur la même grille, pièce par pièce, avec comparaison explicite à l'entrée. C'est ce face-à-face documenté qui permet d'identifier une dégradation imputable au locataire - et de distinguer ce qui était déjà là à son arrivée. Sans état des lieux d'entrée, celui de sortie est inutilisable comme outil de preuve.


Ce que LOCAYO change dans cette équation

Sur LOCAYO, l'état des lieux est intégré à la gestion du bail. Les photos sont importées et associées à chaque pièce du logement. Les deux parties signent le document numériquement. Tout est horodaté et conservé dans le système - inaccessible à la modification a posteriori.

À la sortie, la comparaison se fait sur la même grille, avec les mêmes photos de référence côte à côte. Plus d'ambiguïté sur "qui a dit quoi" et "dans quel état était l'appartement". Le document parle pour lui-même.

C'est ce que la loi exige. Et c'est ce qui devrait exister dans chaque bail ivoirien depuis 2018.


Sources : Loi n° 2018-575 du 13 juin 2018 CI (art. 19-21) · Code Civil ivoirien art. 1730-1732 · Jurisprudence CCJA · Décret n° 2018-634 CI

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