Précompte sur loyers 2026 au Cameroun : le taux baisse à 10 %, mais votre bail devient une pièce fiscale
Article droit. Huit mois après l'entrée en vigueur de la loi de finances 2026, ce qui change vraiment pour un bailleur camerounais. Publié par l'équipe Locayo. RÉCENT.
En bref
Un taux qui passe de 15 à 10 %, ce sont cinq points qui reviennent au bailleur, à condition qu'il sache combien on lui a déjà retenu. La loi de finances 2026 au Cameroun abaisse le précompte sur loyers et revoit les cas d'exemption. Mais le changement le plus lourd n'est pas là : l'enregistrement du bail est désormais conditionné à la justification de la taxe foncière. Autrement dit, le contrat écrit cesse d'être un papier optionnel pour devenir une pièce fiscale opposable. Trois réflexes à prendre : vérifier si votre locataire fait partie de ceux qui retiennent à la source, exiger systématiquement l'attestation de retenue (sans elle, un trop-perçu de 5 % ne se réclame nulle part), et mettre votre taxe foncière à jour avant de présenter un bail à l'enregistrement. Les références exactes sont à confirmer auprès de votre centre des impôts de rattachement.
Cinq points de moins, et ce que ça vaut vraiment
Le précompte sur loyers n'est pas un impôt supplémentaire. C'est une avance prélevée à la source sur le loyer que vous percevez, imputée ensuite sur ce que vous devez au titre de vos revenus fonciers. Baisser le taux de 15 à 10 % ne réduit donc pas mécaniquement votre impôt final si vous êtes déclaré et régularisé : cela change surtout votre trésorerie mois par mois.
L'arithmétique reste parlante. Sur un loyer commercial de 300 000 FCFA par mois, une retenue à 15 % représente 45 000 FCFA prélevés avant que l'argent n'arrive chez vous. À 10 %, elle tombe à 30 000 FCFA. L'écart est de 15 000 FCFA par mois, soit 180 000 FCFA sur une année pleine. Sur un local loué 150 000 FCFA, l'écart annuel est de 90 000 FCFA.
Pour le bailleur qui déclare correctement, ces sommes ne sont pas un gain, elles sont une avance qu'il ne fait plus. Pour celui qui n'a jamais rien déclaré et pour qui le précompte tenait lieu de règlement définitif, les cinq points sont bien de l'argent qui reste dans sa poche. C'est précisément cette seconde population que le texte cherche à ramener dans le circuit déclaratif, en rendant le bail écrit incontournable.
Qui retient, qui ne retient rien
La retenue à la source ne dépend pas de vous, elle dépend de votre locataire. Ce sont les locataires dotés d'une comptabilité et d'un numéro de contribuable qui opèrent la retenue puis la reversent au Trésor : entreprises, administrations, établissements publics, organisations et professionnels soumis à un régime réel. Le locataire particulier, lui, n'a rien à retenir. Il vous verse le loyer intégral, et c'est à vous, bailleur, de déclarer et de payer.
Cette distinction règle beaucoup de malentendus. Si vous louez un appartement à un ménage, la baisse du taux ne change rien à votre encaissement du mois. Votre obligation de déclaration, elle, demeure entière. Si vous louez un local à une société, le loyer que vous voyez arriver est déjà net de retenue, et vous devez savoir exactement combien a été prélevé.
Un point pratique souvent négligé : le locataire qui retient devient votre collecteur. S'il retient et ne reverse pas, c'est votre crédit d'impôt qui n'existe pas dans les fichiers de l'administration. La seule chose qui vous protège est un document écrit, pas la parole du locataire.
Les critères d'exemption, à lire avant de se réjouir
Le texte prévoit des cas d'exemption, mais une exemption ne se décrète pas entre un bailleur et son locataire. Elle se justifie par un document délivré par l'administration fiscale, généralement rattaché à votre régime d'imposition et à votre situation de contribuable en règle. La liste précise des cas visés par la loi de finances 2026 est à faire confirmer par votre centre des impôts de rattachement avant toute application.
Le réflexe à adopter est simple. Si vous estimez relever d'une exemption, demandez à votre centre des impôts un écrit qui l'établit et transmettez-en copie à votre locataire avant le premier versement. Tant que ce document n'existe pas, le locataire assujetti a l'obligation de retenir, et il aura raison de le faire. Une exemption annoncée par téléphone ne se plaide pas devant un inspecteur.
Méfiez-vous aussi des intermédiaires qui proposent de faire reconnaître une exemption contre paiement. Un document fiscal s'obtient au centre des impôts, il ne s'achète pas dans une cour.
Le bail devient une pièce fiscale opposable
C'est le vrai basculement de 2026. Conditionner l'enregistrement du bail à la justification de la taxe foncière signifie que l'administration relie deux choses qui vivaient séparément : la propriété du bien et le revenu qu'il produit. Sans preuve que le foncier est à jour — quittance de paiement de la taxe foncière ou attestation de conformité fiscale —, pas d'enregistrement du contrat.
Les conséquences sont concrètes. Un bail non enregistré reste un contrat entre les parties, mais il perd en force le jour où il faut l'opposer à un tiers ou l'utiliser dans une procédure. Le locataire entreprise, lui, a besoin d'un bail en règle pour passer le loyer en charge déductible : il exigera donc de plus en plus un contrat enregistré, et il choisira le bailleur capable de le fournir. Pour le bailleur de la diaspora, cela veut dire qu'un cousin qui encaisse le loyer sans qu'aucun papier n'existe n'est plus une solution de repli, c'est un risque fiscal.
La séquence à respecter devient : taxe foncière payée et justificatif conservé, bail écrit rédigé, bail présenté à l'enregistrement, puis encaissement du loyer par un canal qui laisse une trace.
L'attestation de retenue, sans laquelle les 5 points s'évaporent
Retenez ce document, car tout le reste en dépend. Lorsqu'un locataire opère le précompte, il doit vous délivrer une attestation indiquant la période, la base retenue et le montant prélevé. C'est cette attestation qui transforme une somme manquante sur votre compte en crédit imputable sur votre impôt.
Sans elle, deux situations tournent contre vous. Si le locataire a continué à retenir 15 % alors que le taux applicable est de 10 %, vous n'avez aucun support pour réclamer le trop-perçu. Et si vous êtes contrôlé, vous ne pouvez pas prouver qu'une part de votre revenu a déjà été prélevée, donc vous risquez de payer deux fois.
Trois habitudes à installer dès maintenant. Demandez l'attestation à chaque échéance plutôt qu'une fois par an, quand le comptable du locataire a changé et que personne ne retrouve les écritures. Rapprochez chaque mois le loyer contractuel, le montant réellement encaissé et le montant retenu : l'écart doit correspondre au taux au franc près. Et conservez, à côté des attestations, vos propres quittances de loyer, qui établissent ce qui a été payé et quand.
FAQ
Quel est le taux du précompte sur loyers au Cameroun en 2026 ? La loi de finances 2026 abaisse le taux de 15 % à 10 % du loyer. Sur un loyer de 300 000 FCFA par mois, la retenue passe ainsi de 45 000 à 30 000 FCFA. Le taux applicable à votre situation est à confirmer auprès de votre centre des impôts de rattachement.
Qui doit retenir le précompte sur le loyer, le bailleur ou le locataire ? C'est le locataire qui retient, et seulement s'il s'agit d'une entreprise, d'une administration ou d'un professionnel tenu à une comptabilité. Un locataire particulier ne retient rien : il verse le loyer entier et c'est au bailleur de déclarer ses revenus fonciers.
Que faire si mon locataire retient encore 15 % au lieu de 10 % ? Demandez-lui l'attestation de retenue mentionnant la période et le montant prélevé, puis saisissez votre centre des impôts avec ce document pour faire valoir le trop-perçu. Sans attestation écrite, la réclamation n'a aucun support et la différence est perdue.
Peut-on enregistrer un bail sans avoir payé la taxe foncière ? Depuis la loi de finances 2026, l'enregistrement du bail est conditionné à la justification de la taxe foncière du bien. En pratique, mettez le foncier à jour et conservez le justificatif avant de présenter le contrat à l'enregistrement.
Un bail verbal est-il encore possible au Cameroun ? Rien n'empêche matériellement une location sans écrit, mais elle vous prive d'un contrat enregistrable, donc d'une pièce opposable en cas de litige, et elle bloque le locataire entreprise qui doit justifier sa charge de loyer. Le bail écrit est devenu la condition d'accès au circuit fiscal normal.
Sources
- Synthèse sur le précompte sur loyers 2026 et les critères d'exemption, cga3s.com (https://www.cga3s.com/precompte-loyers-2026-taux-exemption/)
- Portail de la Direction générale des impôts du Cameroun, textes et régimes d'imposition (https://www.impots.cm)
- Loi n° 2025/012 du 17 décembre 2025 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l'exercice 2026, à consulter dans sa version publiée au Journal officiel
- Centre des impôts de rattachement du bailleur, pour la situation individuelle et les attestations
Note de vérification interne : la référence exacte du texte (numéro de la loi de finances 2026 et article applicable), la liste limitative des cas d'exemption, l'identité précise des redevables de la retenue et les modalités de reversement sont à recouper sur le texte publié et auprès de la DGI Cameroun avant publication. Aucun numéro d'article n'est cité ici tant que cette vérification n'est pas faite. Les montants en FCFA donnés en exemple sont des illustrations de calcul, pas des barèmes officiels.
CTA : Sur Locayo, chaque loyer encaissé laisse une trace horodatée et une quittance automatique, de quoi rapprocher au franc près ce qu'on vous a retenu de ce que vous avez réellement perçu. Essayer Locayo.
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